Événements Editoriales

28 août 2026

O Amor E o Inconsciente na época do individualismo democratico.

Christiane Alberti (ECF, AMP) interviewé par Vera Avellar Ribeiro (EBP, AMP)

Dans son ouvrage, L’Amour et l’Inconscient à l’époque de l’individualisme démocratique, Christiane Alberti vient enrichir les nombreuses publications importantes qu’elle a effectuées pour la communauté analytique tout au long de son parcours de psychanalyste. Cette fois-ci, comme elle nous l’a confié en acceptant aimablement notre demande d’entretien, l’idée de cet ouvrage est venue d’Angelina Harari.

C’est un trajetà travers des fictions qui imprègnent la subjectivité, traversée par un fil rouge où s’entremêlent deux coordonnées:l’ exigencecontemporaine du droitet la quête d’égalité quipénètrent tousles liens fondamentaux. Une série d’interventions qui recoupent des questions cruciales du malaise contemporain dans lequel l’avoir prend le pas sur l’être,comme en témoigne l’amenuisement des passions de l’être, si ce n’est l’exacerbation de la haine.

Last but not least, on peut donc se demander si finalement l’amour n’a pas trouvé dans la psychanalyse son dernier refuge. C’est certainement un pari !

Merci Christiane pour ce fil rouge.
Puisse chaque lecteur en faire bon usage!


Forum des psys.

Anaëlle Lebovits Quenehen (ECF, AMP) interviewé par Laura Sokolowsky (ECF, AMP)

Le magazine est sorti dans un contexte extrêmement offensif, qui vise l’orientation analytique dans les institutions de soins de la santé mentale en France.

L’intensité de l’offensive, telle qu’on l’a aperçue, a commencé en novembre 2025. Et dès le début, l’année 2026 a été marquée par une continuité de l’offensive, qui se targue d’avancer au nom de la science.

La ligne éditoriale a été d’identifier ceux qui se font porteurs de cette idéologie nouvelle et si peu fondée, car on constate, grâce aux enquêtes faites pour le magazine, que rien dans cette offensive ne peut se prévaloir d’une quelconque science. Donc le magazine est un outil de combat évident et aussi de l’information précise. Le premier numéro titré «Les ingénieurs du mental» dresse un certain nombre de portraits de personnes diverses et variées qui participent à cette offensive agressive et à cette propagande pour discréditer la psychanalyse dans le champ de la santé mentale.

Le choix du format papier a été fait pour qu’il soit lu et diffusé, et les premiers retours ont montré que ce numéro se vend très bien, se diffuse, que les politiques l’ont reçu.

Il faut se renseigner et renseigner. Ce magazine participe à l’utilité publique.

Une série fera la suite, le prochain ou le troisième sera consacré à la Haute Autorité de Santé, qui a classé les approches psychanalytiques “non recommandés” alors qu’avant elles étaient “non consensuelles” pour l’autisme.

Les collègues de l’Association Mondiale de Psychanalyse sont invités à s’intéresser, à lire et à soutenir aussi l’action en faveur de la psychanalyse à travers cet excellent magazine.

* Relecture : Léa Hylak 


Le Témoignage et son Making of

Anne Lysy (ECF, AMP) interviewé par Peggy Papada (NLS, AMP)

Le témoignage et son Making Of est un ouvrage publié par les Presses psychanalytiques de Paris, maison d’édition de l’École et du Champ freudien, sous la direction d’Anne Lysy. Dans cette brève interview, alors qu’elle nous parle de cette publication qui rassemble les actes de la troisième Journée de la Passe de l’ECF, Anne Lysy nous rappelle l’importance de la passe au sein de l’École lacanienne.

L’accent est mis sur le premier témoignage, la démonstration publique de la passe, qui met l’accent sur le public et les effets que cela produit sur lui. La passe est une performance et non une compétence ; de plus, elle témoigne de la vérité menteuse. La fiction de la passe est ainsi mise en avant, pour ne faire que révéler la lacune inhérente, dans la mesure où tout ne peut être dit, dans la mesure où il existe toujours une tension entre fiction et réel, démonstration et opacité.

Anne Lysy nous invite à accueillir cette lacune, cette ouverture, cette surprise, en nous rappelant que la maîtrise et l’ignorance de ses propres idées préconçues sont les ennemis de la passe.

Le premier témoignage est examiné non seulement sous l’angle du premier témoignage des nouvellement nommés Analystes de l’École, mais aussi sous celui de ceux qui avaient été nommés Analystes de l’École par le passé et qui ont été invités à revenir sur leur premier témoignage afin d’essayer d’exprimer ce qui était resté dans l’ombre de leur récit écrit.


Politique du transfert.

Jacques-Alain Miller et autres
Luisa Aragón (NEL, AMP) interviewé par Raquel Cors Ulloa (NEL, AMP)

MONDO présente une récente publication de l’École Lacanienne de Psychanalyse (ELP). Il s’agit d’un ouvrage de Jacques-Alain Miller et d’autres auteurs, intitulé : « Politique du transfert : les quatre séminaires qui ont accompagné la fondation de l’ELP (1998-1999) ».

Cette publication, qui s’étend sur près de 500 pages, rassemble les lectures et les interprétations proposées par les psychanalystes espagnols. Elle invite à une relecture à partir de la logique du futur antérieur, c’est-à-dire à se retourner vers le passé pour s’interroger, en particulier sur une question : Qu’est devenue l’École ?

À cette occasion, Raquel Cors, AME, membre de la NEL et de l’AMP, s’entretient avec Luisa Aragón, également membre de la NEL et de l’AMP, actuellement présidente de son École. Elle lui demande si ce « regard rétrospectif » produit le même effet dans une École comme la NEL.

Dans la mesure où la publication de ce volume réunit de précieux textes ayant accompagné la création de l’ELP, cet entretien — à la manière d’une bande de Möbius — propose de s’interroger sur la question suivante : ces séminaires ont-ils contribué à soutenir le transfert de travail, ou bien est-ce l’École, en tant qu’expérience, qui a produit ce travail ?

* Traduction : Claudio Maino
* Relecture: Léa Hylak


Le savoir déchiré par le sexuel. Addictions et sexualités à foison.

Éric Laurent (ECF, AMP) interviewé par Tomás Berger (Compiler)

La thèse de rupture (1975) de Jacques Lacan se situe au-delà du phallocentrisme freudien. Son enseignement l’avait déjà dépassé dans la mesure où il avait introduit l’aphorisme Il n’y a pas de rapport sexuel, indication du commencement de son dernier enseignement, comme le souligne Jacques-Alain Miller. Cette thèse de rupture, introduite à propos de la drogue, est une conséquence du syntagme Il n’y a pas de rapport sexuel.

Si Freud rattachait l’usage de la drogue à la jouissance masturbatoire, la conceptualisation lacanienne permet de concevoir l’illimitation, espoir propre au toxicomane, never going down. L’illimitation, qui s’oppose à la détumescence propre au régime de la jouissance pénienne, indique la présence d’une jouissance qui ne se négative pas.

À son tour, l’invention de l’organe qui serait nécessaire, expression relative à la question trans, peut se décliner à partir de cette même thèse de rupture et constitue une autre facette de ce que Lacan a appelé l’erreur commune du sujet trans. C’est une perspective, un idéal, dans la mesure où, comme le montre saint Jean de la Croix, il n’est pas nécessaire de passer par la chirurgie pour passer de l’autre côté.


* Traduction : Valentina Zurob
* Relecture : Anouk Ferbos


Exercice démocratique et parole en psychanalyse.

Laura Sokolowsky (ECF, AMP) interviewé par Lígia Gorini (ECF, AMP)

Le 6 juin 2026, Laura Sokolowsky, présidente de l’École de la Cause freudienne, est intervenue au Sénat lors d’un colloque consacré à la défense de la relation dans les soins psychiques. Son texte, largement relayé et traduit dans les Écoles de l’AMP, a rencontré un vif écho.

Dans cet entretien àMondo, elle revient sur le cœur de son intervention : ce qui lie la psychanalyse à l’exercice démocratique – la liberté de parole, l’association libre et la possibilité, pour un sujet, de se dégager des discours qui prétendent l’assigner. À partir de son travail sur la psychanalyse dans l’Allemagne des années 1930, elle interroge les points de structure qui résonnent avec notre présent, marqué par la montée de l’extrême droite et le retour de discours ségrégatifs.

Face aux attaques contemporaines à la psychanalyse, Laura Sokolowsky rappelle la nécessité de défendre la pluralité des approches et de soutenir les institutions de soin, dans l’espace public comme dans le champ politique. La force de l’Action lacanienne se vérifie dans cette orientation partagée, qui engage les collègues, au-delà de l’inquiétude, à ne pas reculer.